Petite piqure de rappel, en janvier 2007 le puissant Lost Planet ne révolutionnait pas autant le genre action (nommé TPS de nos jours) comme l’aura fait quelques mois plus tard le cultissime Gears of War, mais ça ne l’a pas empêché de nous mettre une énorme claque. Bardé d’un gameplay simpliste et d’un scénario décousu, c’est surtout la qualité des graphismes et les épiques combats contre les Akrids, qui auront donné à ce jeu de Capcom, toute sa notoriété. Et pour preuve que le développeur nippon a fait les choses bien, quelques mois plus tard Lost Planet est sorti sur PC dans une version tout à fait honorable pour le support, ce que beaucoup de « jeux dit console » ne font pas. Depuis, le moteur graphique de Lost Planet, le MT Framework, a fait son bonhomme de chemin, notamment en brillant de mille feux dans Resident Evil 5. Et justement nous allons le voir, Capcom s’est servi de l’acquis de RE5 pour développer cette suite.
Une séquelle qui commence par une sorte de flashback. En effet le premier niveau se déroule les pieds dans la neige, ce qui rappelle immédiatement de vieux (et bons) souvenirs. Mais dés la fin de ce premier chapitre, Lost Planet² dévoile son nouveau terrain de jeu : un EDN III entièrement nouveau. Rappelez-vous, à la fin du premier opus Wayne et ses 2 comparses étaient arrivés à rendre la planète plus vivable et justement cette suite se déroule 10 ans plus tard. Lee Byung Hun et Wayne ont été mis au placard, au profit de stricts inconnus. On entend bien parler de quelques fantômes du passé mais il est clair que les développeurs ont quasiment fait table-rase du passé. Et c’est bien dommage car la grosse déception de ce jeu, se situe justement à ce chapitre-là. Entièrement pensé comme un jeu multi (la création de parties, les attentes avant début du jeu et les respawn), Lost Planet² déçoit du point de vue de la scénarisation. On retrouve comme toujours chez Capcom, des scènes absolument énormes et une maitrise de ces dernières qui doit sans doute faire rager pas mal de concurrents, seulement voilà, à chaque niveau on incarne un gars différent, et qui plus est, tous sont masqués. Ainsi la synchro labiale n’est plus un problème mais pour s’attacher à un personnage plus qu’à un autre, on repasse. Pire, les niveaux n’ont aucun liens les uns avec les autres, ce qui fait qu’on réalise des missions sans trop savoir pourquoi. Entre des personnages anonymes et impersonnels, plus cette construction scénaristique totalement bancale, Capcom perd énormément de points, surtout pour ceux qui aiment jouer en solo. Il faudrait qu’une fois pour toutes les développeurs se mettent dans le crane que tout le monde ne joue pas à plusieurs, et encore moins en ligne. Le jeu est donc dédié au coop’ jusqu’à 4, à savoir qu’on peut jouer avec 3 autres persos, que ce soit des bots ou des humains (on peut également jouer en nombre plus réduit ou seul mais ça rend forcément le jeu plus dur). Etant donné que l’IA de Sheva (RE5) était vraiment pas mal, Capcom a sans doute repris sa programmation pour l’appliquer à nos compagnons d’armes (dans le cas où on joue avec des bots) et le résultat est potable. Ils n’ont pas la prise de décision de Sheva mais ils aident bien au combat. Puisque nous y sommes, parlons du gameplay. Si les subtilités du premier opus vous ont échappées, sachez que désormais le jeu possède un didacticiel assez sympa (bien qu’un brin austère), au design hi-tech assez agréable. Pourtant, peu de choses ont changées.
Si depuis 2007 les TPS ont beaucoup évolués, puisqu’ils sont désormais une très bonne alternative aux FPS, sachez que Lost Planet² de son côté, n’a quasiment pas bougé. On retrouve les mêmes armes, le même grappin, la possibilité de piloter des VS, ainsi que l’exacte prise en mains d’il y a 3 ans. Alors bien sûr, les vétérans retrouveront immédiatement leurs marques et c’est vrai que la jouabilité est agréable mais bon sang, comme je le disais les TPS ont évolués avec les années et retrouver Lost Planet comme on l’a laissé en 2007, fait de lui un jeu nouveau construit sur d’anciennes fondations, ce qui limite forcément sa prise de risque et ses possibilités d’innover. Alors bien sûr il y a quelques nouvelles armes, de nouvelles grenades, un sympathique bouclier de défense ou encore une armure qui rend bien service… mais y’a pas à dire, on reste frustré qu’absolument rien n’est changé, pas même la vitesse des déplacements. En effet, autrefois la neige justifiée la lenteur du personnage mais aujourd’hui ça n’a plus lieu d’être. Résultat on trouve notre gaillard lourd et empâté, puisqu’il ne peut même pas accélérer la cadence. Alors bien sûr on ne perdra plus d’énergie à cause du froid mais l’ambiance a beaucoup changée et pas forcément en bien. Si hardcore qu’il était (au point que le jeu avait des cheat-codes pour que les joueurs puissent finir l’aventure), désormais le fait d’activer une borne nous offre la carte de proximité et surtout, nous évite de mourir. Ainsi on « respawn », on réapparait à la dernière borne dés que la mort survient. Du coup on a plus l’impression de jouer à un jeu multi, c’est un jeu multi (!) et croyez-moi, ce n’est pas la plus agréable des sensations. Ceci dit plus besoin de tricher, l’IA ennemie est devenue sombrement débile, les Akrids sont relégués au second plan (souvent ce sont uniquement des boss… énormes et violents certes mais vraiment sous-exploités) et donc le jeu est facile. Quoi de plus normal si la mort n’est plus vraiment inéluctable.
On retiendra quand même que sur cette version PC, cette fois Capcom ne nous a pas fait la honte de nous coller les touches du pad Xbox 360, même s’ils n’ont pas s’empêcher de nous glisser cette chiotte de Game For Windows Live. Reste que la jouabilité a été bien adaptée au maniement à la souris (comme pour le premier opus) et ça, ça fait vraiment plaisir, même si cette adaptation est sortie 5 mois plus tard pour des raisons évidentes de piratage. Puisqu’on y est, on y reste, par rapport aux consoles, cette version possède quelques petits plus comme un double benchmark, histoire de voir si votre ordinateur va tenir le coup. La config’ vidéo est minimaliste mais suffisante et j’ai bien souris lorsque j’ai vu que le jeu était compatible DirectX 9 et 11.
Et oui, Vista étant une belle merde, DirectX 10 est totalement évincé (il reste compatible Vista en jouant sous DX9) et c’est pas un mal puisque les gens « censés » sont vite passés à Windows 7 ou sont retournés sous XP. Evidemment sous DirectX 11 le jeu est plus beau mais pour ça, à l’heure de sa sortie, il réclamait du gros matos, à savoir Windows 7 et surtout une carte vidéo compatible et donc de dernière génération (comme les nVidia GTX série 400 ou une AMD Radeon HD série 5000). N’empêche que le jeu tourne aussi bien que sur console et je n’ai eu que de très rares bugs, preuve d’une bonne adaptation.
Graphiquement, Lost Planet² utilise donc le même moteur que le premier épisode ou que Resident Evil 5, à savoir le MT Framework. Ce qu’on sait moins, c’est que Capcom fait évoluer son moteur au fil du temps, sans pour autant le renommer. La version 1.0 a servie à Dead Rising, alors que Lost Planet a déjà profité de sa version 1.1, voire même 1.2 pour l’adaptation PC. La version 1.3 a sévie sur Devil May Cry 4 alors que Resident Evil 5 nous a dévoilé sa version 1.4. Enfin avec Lost Planet², Capcom est directement passé à la version 2.0 alors que le futur Marvel vs. Capcom 3 utilisera pour sa part la révision 2.1. Tout ça pour dire que dans les studios japonais de Capcom, on maitrise bien la question et c’est vrai que le jeu est beau. Evidemment, il n’offre plus la même claque visuelle qu’à l’époque car il rivalise difficilement avec une concurrence souvent plus créative et inspirée. La preuve avec les 2 épisodes de Gears of War ou les 2 épisodes d’Uncharted, tout 2 étant les grosses références de leur console respective. On déplorera donc que le jeu soit toujours aussi excessif par moment (bien que ce soit un peu la griffe LP), que les nouvelles tenues soient moches au possible et comme je le disais, que les Akrids soient uniquement relégués au rang de boss. Vous me direz, pour ça ils déçoivent pas. Toujours plus gros et impressionnants, leur design est pas mal recherché, en s’inspirant notamment de Dune et de Star Wars. Ensuite, certains environnements sont vraiment beaux, quand d’autres sont plus banals. Reste un moteur 3D qui tourne bien, qui offre sa dose d’adrénaline, des cut-scènes souvent superbes et impressionnantes, soulignées par des animations très réussies. Enfin le doublage est d’une qualité « classique » pour Capcom, les musiques passent souvent inaperçues, au profit de bruitages bien dynamiques comme j’aime. Ca dépote un max !
Sous la houlette de Jun Takeuchi (qui a déjà travaillé sur les plus grandes productions de la boite comme Street Fighter II sur SNES, Resident Evil 2, Onimusha 3 et les récents et déjà nommés Lost Planet et Resident Evil 5), en un sens Lost Planet² déçoit. Au lieu de corriger les erreurs du passé, il en formule d’autres, ne corrige pas grand-chose et surtout change radicalement d’ambiance. Moi personnellement, je préférais l’ambiance des hautes alpages, plutôt que ce mélange de jungle façon Just Cause 2 et de désert façon Red Faction Guerrilla. Ca a tout de suite une identité bien moins forte. Etant donné que Capcom ne sous-traite plus ses licences depuis Dark Voïd et son fiasco commercial (ça a d’ailleurs couté la vie à GRIN), ce qui entre nous n’est pas un mal, c’est à eux directement qu’incombe ses prises de positions plus que douteuses. Mais le pire dans toute ça, c’est que le scénario est encore plus décousu qu’autrefois, qu’il ne comporte plus aucun lien et qu’on passe d’un anonyme à l’autre. Plus de héros solitaire, mais un jeu pensé pour le coop’ à 4, la scénarisation est totalement mise de côté au profit d’une action volontairement abusée et visuellement excessive par endroit. Capcom a sans doute oublié que certains joueurs s’éclataient seuls. Quand ils nous ont collés Sheva dans RE5, on a grincé des dents mais à la rigueur c’était suffisamment bien fait pour que ça passe. Ici ça n’a plus gueule à rien et Lost Planet² devient une sorte de jeu multi auquel on a rajouté des bots pour bâcler un solo qui n’a aucun sens. Epic a déjà fait pareil avec Unreal Tournament III, à la différence qu’ils ne prenaient les joueurs pour des idiots. Lost Planet² doit donc être pris pour ce qu’il est. Si vous jouez à plusieurs c’est du tout bon, l’action est là et vous allez vous amuser. Par contre si comme moi vous jouez seul, tranquille chez vous, il faudra se mettre en tête que le jeu a beaucoup (trop) changé (et pas forcément en bien), que le solo est minable bien qu’il conserve quelques moment épiques, notamment contre les boss. Personnellement, je trouve cette « nouvelle formule » bien mal exploitée et finalement le premier épisode reste bien au dessus de celui-ci. Et le comparer aux dizaines de TPS sortis entre les 2 opus, c’est simplement le rabaisser au rang de titre sympa mais qu’on oubliera malheureusement bien vite.







Perso j’ai bien aimé cette suite…nan jdéconne
petit bug dans les coms no??
tais toi quand tu parles ^^